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L'article poursuit sur sa lancée et fait un distinguo entre savoirs fondamentaux et savoirs secondaires.

apprendre livre apprentissage http://l-ecole-a-la-maison.comCette distinction, c'est un formidable moyen de gagner du temps !

Nous avons dit que vous devez travailler à fond sur les savoirs fondamentaux. Vous serez acharné(e) sur ce qui aidera toujours votre "grand" ou votre "grande" dans la vie. Répétons-le : une écriture honnête, une orthographe impeccable, une lecture exercée ; savoir compter de tête ; en savoir assez en histoire-géo ; parler assez bien une ou deux langues étrangères, pratiquer un ou deux arts si l’on peut, spécialement la musique.
Que faut-il ensuite, toujours fondamentalement. Savoir réfléchir, aménager ses idées, et les exprimer. Savoir se débrouiller seul, c'est-à-dire être autonome. Avoir une bonne santé et faire du sport. Donnez-lui avec ça une bonne éducation, du cœur, de la curiosité et un goût pour la lecture et votre enfant est sauvé !

On n'a pas besoin de plus. Il n'y a pas besoin de beaucoup plus que ça. Le reste est secondaire, pas forcément inutile, mais secondaire. Voilà à peu près ce que nous disions.

Pourquoi et comment faire un choix parmi les savoirs ? Est-ce que la vitesse de pointe du TGV n'est pas aussi important que la notion de bien public, tel que décrit par Nicolas Machiavel dans Le Prince ? Non, la vitesse du TGV est une donnée fluctuante et non-structurante pour l'esprit, puisqu'elle ne permet pas spécialement

  • de favoriser la pensée,
  • d'augmenter la valeur de la pensée,
  • de faire un bien spécifique à celui qui pense.

En revanche, la lecture du Prince produit invariablement une augmentation de la pensée, de la valeur de la pensée et produit un bien qui, en l'espèce, passe notamment par deux axes machiavéliens: la notion de bien et de mal en ce monde et le discernement pour favoriser le bien.

On sent tous que les textes ont des dimensions variables. Cette dimension dépend du pouvoir structurant de ces textes. Il y a des textes ou des savoirs qui élèvent la personne, qui la "structurent", c'est un tout petit nombre et il n'y a pas besoin de courir le monde pour les trouver, ils sont tous à votre portée, c'est une chance d'ailleurs, mais il faut quand même aller les chercher parce qu'ils ne viendront pas à vous tout seuls.

Il y a d'autres savoirs qui ne produisent rien, la grande masse médiocre, qui elle vient à vous et vous envahit, vous inonde en permanence, et contre laquelle il faut souvent se battre. Que ce soit la télé, la radio, les médias sociaux, c'est une avalanche constante de fausses valeurs, de citations à deux sous, de principes en plastic, d’œuvres au rabais, de bons sentiments, une marée de larmes, une hécatombe de sourires convenus, bref, c'est le tout-venant.

D'autres enfin déstructurent, c'est-à-dire sont carrément nocifs pour le lecteur; un nombre réduit mais croissant en période de trouble ou de chute civilisationnelle. Ils vont tenter de toucher votre enfant tôt ou tard, à votre insu, et donc vous allez y parer en forgeant l'âme de l'enfant de manière à ce qu'il ne se laisse pas corrompre: un enfant qui a reçu de bons savoirs, structurants, a en lui des contrepoisons qui lui permettent de reconnaître du premier coup d’œil ce qui est dangereux pour lui et, mieux encore, va effacer au fur et à mesure de sa mémoire ce qui le blesse. Un enfant à qui on a donné du bien, du beau, du bon, a une tendance naturelle à oublier ce qui n'en vaut pas la peine et ce qui est néfaste pour lui (à vous de ne pas cultiver ces choses-là, de ne pas les lui rappeler etc.).

En revanche, c'est beaucoup plus difficile de donner à un enfant de quoi lui permettre de distinguer ce qui ne lui apporte rien. En général les enfants savent très bien ce qui est mauvais ou dangereux mais ils sont désarmés face au néant, à la banalité, au médiocre, aux savoirs sans intérêt: ils sont souvent des éponges. Il faut dire que ce qui nous paraît banal leur est souvent une nouveauté, il faut souvent en passer par là sans préjuger de leur niveau et subir, nonens volens, l'admiration échevelée de nos ados pour des amuseurs grotesques, des spectacles qui doivent tout aux effets spéciaux et rien au texte, des musiquettes entièrement remixées des morceaux de nos meilleures années, des causes mondialistes etc. C'est dans l'ordre des choses, rappelons-nous qu'il y a eu des parents amoureux de la lumière naturelle et divine désespérés par des ados partisans des vitraux colorés. A chaque génération son lot.

Quoi qu'il en soit, le parent souhaite ce qu'il y a de mieux pour l'enfant et choisit donc des savoirs structurants qui vont à la fois construire l'enfant et le "vacciner" contre la médiocrité ou les poisons. Mais en quelle quantité, et comment les faire passer ?

Les savoirs structurants et leur quantité

Le cerveau de l’enfant peut emmagasiner beaucoup, encore faut-il deux choses : que ces savoirs soient effectivement bons, c’est à dire reliés à une connaissance structurante — et non seulement de l’information hétéroclite — et qu’ils soient délivrés avec ordre et méthode, de manière construite.

Parfois, un enseignant qui a un hobby particulier peut enseigner un peu plus, en enseignant ce qui précède le savoir, ou son utilité, ses applications. Mais c’est finalement très rare. A notre sens, nous le redisons, on fait beaucoup trop travailler les enfants, leurs devoirs sont trop lourds et en même temps inconsistants, on leur demande d’apprendre des tas de choses inutiles, c’est plus ridicule et superficiel qu’au temps du Bourgeois Gentilhomme. Nous nous souvenons d’un texte d'une page dont le professeur demandait l’analyse de tous les mots ; c’est plus qu’exagéré.

Par conséquent, sachez ne pas trop en faire. Décollons un peu le nez des manuels et du programme. Nous ne disons pas qu'il faut jeter le bébé avec l'eau du bain, nous ne sommes pas des adeptes du "unschooling", c'est-à-dire de l'absence d'enseignement, il est bon aussi de faire travailler sa mémoire sur des savoirs qui ne resteront pas, mais nous constatons qu'il y en a trop aujourd'hui et qu'au contraire on néglige des savoirs essentiels.

Nous venons de dire qu'il est bon aussi de faire travailler sa mémoire sur des choses qui ne resteront pas, c'est le moment de dire que la recherche de la qualité ne doit pas dégoûter de la qualité. Ne soyons pas toujours dans le haut de gamme, la pensée philosophique, le concept principiel et l'avènement du Royaume des Cieux. Oui, personnellement je fais un effort de ce côté-là, pour "redescendre sur terre" comme on me dit, en tant qu'ado je n'ai jamais rien aimé autant que les conversations de haut niveau, je détestais les conversations plates et c'est toujours le cas; il faut qu'il se passe quelque chose. Mais il faut qu'il y ait de temps en temps relâche. Si la Grèce antique ou le Japon médiéval autorisaient les tavernes, c'était pour laisser retomber la pression, faire sortir un peu de la pensée pure, vecteur d'affrontements. De même, vous ne faites pas que lire des textes spirituels à table, vous n'exigez pas sans cesse une conversation de haut vol. Sinon, d'un côté vous risquez de dégoûter l'enfant, de l'autre vous risquez de l'enflammer et de le fanatiser. Voilà pourquoi les parents doivent aussi tolérer la vacuité de propos sans intérêt. Et favoriser régulièrement des conversations plus élaborées. Elever progressivement. Vous voyez que là encore, on est dans le progressif, le chemin naturel.

Y a-t-il dans les cours des choses inutiles ?

Les cours par correspondance que nous vous avons recommandés font en principe attention à ne pas bourrer le crâne de l'enfant.

A l'école, chaque prof exige que l’élève ingurgite son lot. Mais il est clair qu’aucun d’entre eux ne serait capable d’ingérer tout ce que l’élève doit apprendre. L’enfant n’a pas besoin de la moitié de ces calembredaines. Le programme scolaire peut être utilement nettoyé et débarrassé de ses scories, vous y gagnerez du temps et votre enfant aussi. Tournez la page ! (ne vous éloignez pas trop non plus du programme si vous voulez que l’enfant ait son Bac, naturellement).

Oui, vous pouvez épurer si votre cours est passable. S'il est bon, comme l'un de ceux que nous recommandons, vous aurez ça de moins à faire. Mais si vous vous appuyez sur un cours-type de l'Education nationale, préparez-vous à la lecture préalable et au nettoyage.

Donc, ne fâchez pas votre enfant avec le secondaire. Concentrez-vous sur l'essentiel.

Régularité, fréquentation, complicité et par-cœur

Après avoir concentré le travail sur l'essentiel (et vous avez déjà évacué une grosse part de difficulté), vous allez utiliser la répétition, la fréquentation, la complicité et enfin le par-cœur.

Obtenir qu'un enfant apprenne en un seul jour est une tâche difficile et même pénible. C'est tout de suite beaucoup plus facile quand on se donne 3 jours.

La régularité, c'est le fait de revenir régulièrement sur les notions essentielles. C'est imparable. Donnez à vos enfants de fréquenter les savoirs avec régularité. La majeure partie des savoirs, ils vont entrer grâce à elle.

Ça rentre beaucoup mieux dans leur esprit que le bourrage de crâne.

Revoyez au cours suivant, faire relire le soir et la semaine suivante ce qui doit être retenu impérativement. La fréquence cours + relecture le soir + relecture le lendemain + relecture la semaine suivante assure que le savoir soit su, et si vous voulez que ça soit su à vie, alors vous refaites une lecture le mois suivant. C'est 5 relectures ancrent à vie. De grâce, ne faites pas faire ça à votre enfant avec des savoirs inutiles. Mais un beau texte, un théorème, une liste de mots invariables, une pensée de Gustave Thibon, des verbes irréguliers en anglais, ça oui, ça servira !

Vous allez donc programmer proprement, noir sur blanc, les choses à retenir au fur et à mesure de l'année. Vous noterez sur un cahier et vous programmerez pour le soir, le lendemain, dans une semaine, puis dans un mois.

Ensuite, il y a la fréquentation. Non seulement vous revoyez avec régularité, mais certaines choses essentielles, vous les fréquentez. Pour ce faire, vous vous servez notamment de la curiosité de l'enfant. Dans la vie de tous les jours, vous faites de l'orthographe, en remarquant une faute dans un prospectus, vous invitez votre enfant à corriger. Un journaliste qui parle comme un débardeur, vous le reprenez avec la bonne expression (on ne dit pas une "couple sombre dans le budget" mais "une coupe claire dans le budget"; on ne dit pas "faire long feu" quand les choses ont duré mais quand elles n'ont pas duré; on ne dit pas "la Bourse a clôturé à la hausse" puisque clôturer c'est poser une clôture, mais "clos à la hausse" etc. Le jeu des expressions déformées par les journalistes est passionnant).

Ou vous jouez à faire des phrases bourrées de faute. "Tu te rappelles de ton père quand c'est qu'il nous a dit "c'est qui qui a cassé le carreau" et que nous on a dit que c'était pas nous ?" et votre enfant corrige: "Te rappelles-tu ton père, quand il nous dit "Qui a cassé le carreau ?" et que nous avons dit que ce n'était pas nous ?" En maths, vous faites des sous-totaux des courses, vous demandez à l'enfant pour combien il y en aura de sucre. En Histoire, vous remarquez les noms sur les plaques de rue etc etc. Il y a mille choses à fréquenter qui sont en lien avec les matières.

Cet activisme en-dehors des cours va ancrer beaucoup mieux les savoirs.

Quant à la complicité, il s'agit tout simplement de ce que l'enfant va faire par lui-même en lien avec les matières. Il peut faire des recherches, décorer sa chambre sur un thème, coller du papier-peint ou aller faire une course, il y a mille occasions de lui faire fréquenter les savoirs du cours. Dès qu'il va se mettre à une activité, il sera en mode "apprentissage" et vous n'aurez juste qu'à lui demander où il en est, ce qu'il a remarqué, en lien avec la leçon du moment. Transporter une partie du cours dans la vie réelle aide énormément à retenir.

C'est l'évidence, direz-vous, et ça se fait naturellement. Oui, mais ça peut se faire un peu plus que ça, de manière mieux programmée. Pensez-y en notant sur une feuille les notions un peu floues qui pourraient trouver un écho au quotidien.

S'il "sèche", demandez-lui comment il pourrait transformer le cours en une réalité, quelle qu'elle soit. Comme ça, c'est lui qui initiera. En français et en maths, ce n'est pas trop difficile, en Histoire ça demande un peu de recherche dans les livres ou, pourquoi pas, un film, en géo il faut un peu de documentation.

Ensuite, il y a le par-cœur.

Le par-cœur

En bas âge, le par-cœur aide énormément l’enfant, maîtriser un petit texte lui donne beaucoup d’assurance, c’est sa première maîtrise si on y songe. Et maîtriser quelque chose est très valorisant. Mais à tout âge, apprendre par-cœur est excellent pour le cerveau. Donc il n'y a pas de honte à apprendre une poésie à 15 ans, seulement bien sûr vous ferez les choses un peu différemment, vous axerez le travail sur la déclamation ou le jeu théâtral plutôt que simplement sur la récitation qui aux yeux de l'ado risque de faire enfantin.

Mais il faut pour cela maîtriser la technique du par-cœur. Nous avons déjà vu ces techniques mais il est temps de les rappeler, selon leur principe.

Dans le cas d’un texte à apprendre par cœur, voici comment j'ai appris à le faire au théâtre : lecture de la première ligne à voix haute, récitation à voix haute de la première ligne sans regarder, lecture de la première et de la deuxième ligne à voix haute, récitation à voix haute des deux lignes sans regarder, lecture des trois premières lignes à voix haute, récitation des 3 premières lignes à voix haute et ainsi de suite. On lit une ligne de plus à chaque fois, à voix haute, et on récite tout depuis le début à chaque fois, à voix haute. La liste s'allonge progressivement. On s'arrête quand on en a assez. On relit le soir. On reprend le lendemain et chaque jour qui suit jusqu'à l'apprentissage complet du texte.

Si vous finissez vite, revoyez la semaine d’après, puis le mois d’après.

Ces étapes étant respectées, le texte est acquis à vie, il suffit de relire pour le retrouver instantanément.

Le par-cœur s’impose pour des poèmes qui resteront gravés à jamais dans le cœur, mais aussi les résumés d’Histoire, de sciences naturelles, les théorèmes de maths ou le vocabulaire d’anglais, de latin, ou d’espagnol. Ce qui fera un beau patrimoine à l'enfant.

On croit souvent que le cerveau de l’enfant ne doit pas être surchargé de par-cœur, cela le fatiguerait. En réalité, la fatigue apparaît d’autant plus qu’il n’y a pas d’entraînement. Comme on le sait, un athlète se fatigue moins vite qu’un sportif moyen. Ce qui est vrai pour le corps l’est pour le cerveau. Plus on apprend par cœur, plus on est capable d’apprendre par cœur. C’est l’entraînement et l’habitude qui développent des facultés, qu’il s’agisse du corps ou de l’esprit. Il n'y a pas de limite. D'anciens prisonniers chinois ont été capables de réciter des dizaines de livres anciens interdits par le pouvoir communiste, des milliers de page par personne. J'ai eu un ami japonais qui connaissait 30.000 kanjis, les caractères japonais, et toutes leurs prononciations (au moins deux par signe).

Autrement dit, l'idée répandue au ministère qu'il ne faut pas fatiguer nos chères têtes blondes avec des règles particulières est une ânerie et une preuve de non connaissance du sujet. Plus on en sait, plus on est capable d'en savoir. Réduire les exercices de mémorisation a réduit de manière dramatique la capacité de l'enfant à mémoriser. Et il est plus fatigué que jamais.

Les petits Japonais apprennent officiellement 1945 kanjis, les caractères d’origine chinoise, et chaque caractère a au moins deux lectures courantes différentes, et même d’autres prononciations dans les noms propres, c’est à dire qu’au bas mot ils engrangent 4 à 6000 cas particuliers. On a voulu faire des réformes de la langue française pour beaucoup moins que ça. Vous le savez peut-être, Cécile et moi avons aussi appris les kanjis et ça ne représente pas un effort impossible. Ce n'est que de la mémorisation. On peut apprendre 30.000 cas particulier. C'est juste une question de répétition, de fréquentation. Et bien sûr, les kanjis que nous ne voyons pas régulièrement, nous avons tendance à les oublier. Le cerveau est une nature.

Vous êtes capable de faire une recette les yeux fermés parce que vous l'avez faite cent fois. Eh bien, comprenez que c'est pareil pour votre enfant: il ne peut pas vous ressortir son texte s'il ne l'a pas vu plein de fois.

Une ruse de Chinois

Une fois que vous savez ça, il n'y a plus de problème et si votre enfant renâcle à relire son texte, s'il est bloqué et refuse, vous le lui lisez à voix haute. Une fois, deux fois, trois fois, là il en aura marre et le fera tout seul, il vous demandera de vider les lieux ! Et hop, l'affaire sera dans le sac. A chaque fois qu'il renâcle, vous lui lisez son texte. C'est très efficace pour le mettre au travail. "C'est bon, maman, je vais le faire tout seul" (la phrase magique qui fait tant plaisir !)

A votre tour maintenant, laissez-nous vos trucs pour mieux apprendre. Il y en a pas mal et nous n'avons pas voulu clore le sujet. Quelle est votre manière de faire ?

Ceux à qui Einstein doit sa célébrité

Inconnus aujourd'hui, ils firent sa gloire. Tout ce que je rapporte ici est strictement exact.

Nous nous appelons Michele Besso, Louis Bachelier et Henri Poincaré. A nous trois, nous avons fait la célébrité de notre confrère, Albert Einstein.

Albert a eu beau dire qu’il devait à Michele, ingénieur romantique et surdoué, "son brillant concours" et qu’il lui devait "maintes suggestions intéressantes", l’Italien est ignoré du public. Dans une lettre de 1939, Michele lui a rappelé ses contributions, spécialement pour quatre articles qui ont fait la gloire d’Albert, par exemple au sujet des quanta de lumière, qui sont de Max Planck.

Pour l’effet brownien, c’est Louis Bachelier, un jeune prodige français, qui en a fait le sujet de sa thèse, en 1900.

Le 5 juin 1905, Henri Poincaré, un autre Français, a présenté à l’Académie des Sciences une note publiée dans les Comptes-rendus et connue du monde entier et qui parle de la relativité restreinte. Le 28 septembre, Albert a 25 ans et reprend les travaux de Poincaré, l’idée d’une théorie de la relativité, alors qu’il n’a même pas son doctorat.

Enfin, E=MC² a été découvert par Poincaré le premier, ainsi que le reconnaît Albert Einstein lui-même en 1906, dans "Annalen des Physick".

Il se trouve qu’un autre Italien avait découvert cette même théorie après Poincaré et avant Einstein : Olinto de Pretto.

Voilà pourquoi Albert écrivit : « Depuis que j’ai eu la bonne idée d’introduire le principe de relativité dans la physique, vous et beaucoup d’autres avez surestimé mes aptitudes scientifiques au point que cela me rend mal à l’aise. »

Henri Poincaré
Henri Poincaré

Système bien rôdé de la violence

— Etre soldat présente des avantages, dit l'Ivoirienne, mi-figue, mi-raisin. Elle redoutait cette troupe de mâles, soldats de l’armée du seigneur de guerre local.
— Explique-toi, fit le poussah.
— Le soldat peut manger, dormir, piller, se droguer ou violer n’importe quelle femme. Bien sûr, au début, il faut participer à une ou deux batailles, mais cela ne dure jamais longtemps, souvent une bataille suffit. Avec cela, on impose les paysans ; et le tour est joué ! Il n’y a plus qu’à dormir ou violer les femmes si on a encore quelque force, et voilà tout. Peu d’hommes refuseraient pareille aubaine, sauf peut-être les infirmes. Même les fils de ministres, qui s’ennuient, filent à la poursuite de cette vie facile.

Libéria Système bien rôdé de la violence
— Et ?
— Après quelques temps, les hommes prennent du ventre. Pas aussi vite que les filles qu’ils ont engrossées, bien sûr. Mais assez pour qu’un autre chef, plus jeune, les écrase et prenne la place. Et tout recommence. Ce système fonctionne depuis très longtemps, croyez-moi. Tout juste les paysans espèrent-ils que le seigneur suivant sera moins cruel que le précédent, mais assez tout de même pour durer un peu. C’est la force du système.
— Tu voudrais que je sois humain, fit le seigneur. Personne ne l'a jamais été. Et sais-tu pourquoi ?
— Oui. Si vous commettiez cette erreur, un autre vous renverserait et vous livrerait à vos hommes. Pour quelques dollars libériens, c’est vrai, ils vous décapiteraient sans remords.
— Voilà.
— Je le disais : c’est la force du système.

Universal problème

Artiste et papa, difficile.

universal problèmeLa musique l’emporte loin. Ses enfants ne comprennent pas. C’est vrai qu’il ne s’occupe pas assez d’eux. Mauvais père. Et mauvais époux. Mais il est habité. Il ne peut pas composer sans qu’ils soient là, dans la maison. Ils les adore et ne peut rien pour eux.
Le téléphone ronronne. "— Tu as la partition ? — J’y travaille. — Déconne pas. Il faut la livrer ce soir, Universal ne rigole plus. — Ils n’ont jamais rigolé. — Ils vont te parler sur Skype, sois près."
Il raccroche.
Le petit dernier surgit :
— Papa, tu m’as promis d’aller au skate-parc.
— Oui, oui. Mais pas tout de suite. Je dois finir mon travail.
L’enfant baisse la tête et tire la porte sur lui en soupirant.
— Léo !
La porte s’ouvre à nouveau.
— Je t’ai promis. Après.
Léo referme la porte sans un mot.
Mauvais père. Il compose. Jamais content, toujours à améliorer. L’orchestre est dans sa tête et il joue bien. Une croche de plus. Le hautbois, maintenant, pour trois notes. Il se rejoue toute la page. Très bien. Non, pas très bien : bien. Non, pas bien : pas mal. Non, pas pas mal : c’est de la bouse de yak. Recommencer.
Le soir, il fait encore jour.
Skype sonne. Il décroche. Il appuie sur un bouton et l’ordinateur envoie son morceau. C’est magnifique. Les enceintes vibrent, il pousse le volume à fond.
Léo est entré et vient lui prendre la main, il plante Universal sur place. Ils sortent. Il peut enfin l’emmener au parc, le petit. Pour la première fois depuis 8 mois, il est un bon père. Et l’ordi joue toujours aussi bien.

Que cessent vos pillages, naufrageurs

Voilà comment l’Église, dans les premiers temps, domestiqua des mœurs sauvages. Avec une intelligence redoutable et beaucoup de patience, elle éteignit le droit au meurtre des premiers Francs, et celui que s’arrogeaient plusieurs nations barbares.

naufrageurs-2014-05-27-10-17-36Sur la côte bretonne autrefois, il y avait certains villages bruns, fouettés par le ressac, qu’habitaient les descendants de pirates saxons. Derrière eux la contrée s’étalait en une infertile lande, aussi âpre et ingrate que la mer ; l’une comme l’autre exigeait travail, souffrance, peine, et ne rendait que peu.
L’équinoxe venant, ces gueux espéraient qu’un navire s’échoue. Ils pouvaient allumer des feux sur les boucans pour diriger les navires droit sur la grève. Si l’échouage avait lieu, ils se ruaient au pillage des vivres dispersés dans les récifs. Quant aux survivants, leur méchanceté était telle qu’ils les achevaient.
Pour leur rappeler la charité du Christ mort pour eux sur la croix, le monastère de Sein leur dépêcha un vieux moine pétri de l’esprit des Apôtres, et rusé. Le vieillard, la tête couronnée de cheveux blancs et le visage austère, vint s’établir là.
— La mer et la terre sont à Dieu, leur dit-il gravement. Vous ne pouvez rien lui prendre sans vous voler vous-mêmes. Pour chacun de vos crimes, vous aurez à payer.
Et en effet il établit une offrande pour chaque vol, pour chaque meurtre.
A la lune suivante, il prétendait qu’il fallait payer un peu plus. Celle d’après, plus encore.
Bientôt, les riches seuls pouvaient payer; et comprirent qu’ils se ruinaient lentement. Les pillages, dépréciés, cessèrent. Le moine patienta encore quelques temps avant de les déclarer illicites.
Il ne fallut qu’une génération pour que ces pillards fissent de bons enfants du vrai Dieu.

Sécurité ouin-ouin

Je ne sais pas ce que je déteste le plus : l’argument sécurité ou l’argument emploi.
Nouvelle en 1.500 caractères maximum.

La petite bande s’approche du ponton pour louer quelques petits bateaux. Les jeunes sont éméchés, ils veulent s’amuser. Ils s’embarquent. Ils ont vite fait de jouer aux autos tamponneuses. L’un d’eux tombe à l’eau au milieu du lac. Il remonte à bord de son embarcation. Mais c’est trop tard, c’est la panique sur la rive. Un quart d’heure plus tard, le Samu, la police et les pompiers sont là, il ne manque que l’Armée de Terre. On alerte le maire et le Conseil général qui a financé une partie de l’installation. C’est grave. Il aurait pu y avoir un mort. Au moins. On en parle au journal. Une famille ouin-ouin témoigne qu’elle aussi aurait pu perdre un enfant si elle était montée sur un bateau, si un enfant était tombé, si on ne l’avait pas vu et s’il s’était noyé.petit-bateau-a-voile-en-bois-laque-qui-flotte-sur-l-eau-961414945_ML

Le ministre se rend sur "les lieux du drame". « Quand j’ai appris ce qui s’est passé, les bras m’en sont tombé des mains. Ce qui est menacé, ce sont les valeurs humanistes, car la vie humaine est au centre de la vie de l’homme. Il faut se retrousser les bras pour la sécurité. Si nous ne faisons rien, il y aura des morts, c’est écrit comme sur du papier à roulette. »

Le public est content, de toute façon il ne parle plus le français. Un projet de loi passe. Il n’y aura plus de petits bateaux sur l’eau ni aucun type de détente nautique.
380 gérants apprennent qu’ils doivent fermer. 224 se retrouvent au chômage sec. 32 se mettent à la boisson, 53 battent leur femme ou leurs enfants, 29 font une dépression, 3 se suicident.

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Illustration du principe:

"Une dernière faveur ? C’est non !

Thérèse H. avait presque cent ans. La vie lui adressait un dernier sourire, une embellie fugitive, le dernier soleil avant la nuit. Et avant de partir, sans drame, il lui restait juste une dernière envie, une dernière faveur à demander.

Il fallait que ce soit bien important pour qu'elle ose ! Thérèse avait toujours eu scrupule à déranger, à réclamer quoi que ce soit… Elle était discrète comme une souris ! Pourtant, ce matin-là, quand le directeur de l'établissement passe la voir, et bien, pour une fois, elle a une requête à lui présenter…

Elle voulait juste un œuf à 30 centimes !

Oh, pas grand chose ! Thérèse, qu’on ne nourrit plus que par perfusion, voulait simplement manger un œuf à la coque !

– Avec une pincée de sel, ajoute-t-elle, et une mouillette, une bonne mouillette de pain frais, bien beurrée.

Le directeur s'empresse d'accepter. Il est heureux de pouvoir donner satisfaction, ému aussi. Car il a bien compris, lui : ce que demande Thérèse, c’est en somme sa dernière volonté.

Sans se douter de ce qui l’attend, le directeur file à la cuisine pour passer commande de son œuf.

Surprise, stupéfaction ! Le cuisinier lui oppose un refus catégorique. Pas question de faire entrer dans l’établissement un œuf dans sa coquille – même de première fraîcheur. Le règlement l’interdit, question de sécurité alimentaire ! L’œuf autorisé, l’œuf réglementaire, c’est un produit en Tetra Brick, un point c’est tout. Ceci pour préserver la santé des pensionnaires.

Le directeur tente vainement de vaincre la résistance de son maître cuisinier, qui ne veut pas se mettre dans son tort. Il s'efforce ensuite de convaincre la diététicienne, mais il est confronté à un argument sans réplique : le règlement, c’est le règlement !

Alors il se tourne vers les associés actionnaires de l’établissement, qui refusent eux aussi toute entorse à la règle ! Il est vrai qu’on risque gros, l'interdiction, la fermeture, si la « faute » commise venait à s’ébruiter et arriver aux grandes oreilles de l’autorité administrative.

Voilà pourquoi Thérèse a attendu son œuf. Elle s'est étonnée de ne pas le voir arriver. Elle s'est demandé pourquoi on lui refusait ce dernier petit plaisir… Puis elle est morte, le lendemain, en silence."

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Autre illustration: les ados arrêtés: ils étaient en train de déneiger la rue.

Le premier Noël de Jerusalem

Lorsque Marie et Joseph traversèrent Bethléem en quête d’un gîte et d’un couvert, ils rencontrèrent ses habitants.

Le premier Noël de Jerusalem

Ils ne trouvèrent nulle part où se loger. Par charité, tout le monde a oublié les réponses des habitants de la ville, qui ne leur trouvèrent aucune place. Pourtant, Marie et Joseph n’étaient pas encombrants, ils n’avaient qu’un petit bagage. La maman était enceinte et avait besoin d’un toit sous lequel dormir. Mais rien n’y fit, ils ne trouvèrent pas à se loger dans cette grande ville.

Mais rien n’est plus simple que de savoir ce que les habitants leur dirent : ils suffit de traverser une vie et de tendre l’oreille.

A la première maison, Joseph avait frappé doucement sur la porte en chêne. Il n’y avait eu aucune réponse. Personne non plus à la seconde maison. Peut-être ne frappait-il pas assez fort ? Alors, à la troisième maison, il tapa du poing. La porte s’ouvrit sur une dame au visage impassible.
— Madame, que Dieu soit sur vous et tous les vôtres, nous sommes à la recherche d’un logis, connaîtriez-vous quelqu’un qui pourrait nous héberger ?
La dame ne fut guère surprise. L’empereur romain avait ordonné à tous les habitants de l’empire de se faire recenser. Alors chacun des environs était venu en ville avec sa famille. Ils étaient très nombreux à la recherche d’un abri. Mais c’était là le premier couple qui osait venir jusque chez elle.

bruegel l'ancien Le premier Noël de Jerusalem
Bruegel l'ancien: le dénombrement de Béthléem

 

— Est-ce que dans ce quartier on ne trouverait pas une place pour ma femme, qui est sur le point d’accoucher ? redit Joseph.
Impavide, la dame ne trouvait pas de réponse :
— Je vais voir. Repassez plus tard, je me renseignerai. Continuez à chercher et si jamais vous ne trouvez rien, revenez par ici, j’aurai peut-être trouvé quelque chose. Mais je ne vous promets rien.
Marie et Joseph s’éloignèrent et naturellement la brave dame oublia l’incident.
Plus loin, on leur répondit :
— Vous allez au-devant d’une grosse désillusion. Les gens ici sont égoïstes.
— Est-ce possible ?
— Vous verrez, ils vous diront qu’ils vont essayer de trouver, mais ils ne feront rien. Allez, bonne chance quand même.
Plus loin encore, ils furent mis en garde :
— Méfiez-vous, on va vous dire « oui », mais au final on vous fera payer une fortune.
Et la porte se refermait.


Joseph comprit alors qu’il était bien loin de Nazareth, la petite ville où il travaillait, où les choses étaient plus simples.
De seuil de porte en seuil de porte, la plupart des gens ne répondaient pratiquement rien. Neuf sur dix ne répondaient vraiment rien, à part quelques mots gênés comme « je ne sais pas » ou « je ne suis pas au courant ». Il n’y avait pas vraiment lieu d’être « au courant », mais c’était le genre de mots qu’on dit sans y penser, pour se défausser.
Ou encore :
— Excusez-moi, mais on ne se connaît pas. Avec tous ces brigands sur la route. Sans compter tous ces étrangers qui rôdent comme s’ils étaient chez eux…
Et ainsi de suite, la litanie des mauvaises excuses n’avait pas de cesse :
— Nous n’avons pas de place et je suis trop occupé.
— Je peux vous donner un quignon de pain, mais pour vous loger, ce n’est pas possible.
— Ce serait sacrilège, pour nous, c’est le 25ème jour du calendrier qui précède l’immolation des brebis offertes à Phoibos (il y avait une quantité de religions alors, et il était impossible de dénombrer les cultes et les rituels).
— Je passe mon temps à m’occuper des pauvres et des miséreux, je leur donne tout, laissez-moi en paix un jour ou deux, voulez-vous ?
Cette dernière réponse était la plus fréquente, avec des variations, telles que :
— J’ai déjà hébergé quelqu’un hier.
— Ce serait avec plaisir et grande joie, mais le personnel de maison a pris son congé.
— Je garde une chambre, c’est vrai, d’ailleurs chacun doit avoir de quoi loger un pèlerin, mais d’abord vous n’êtes pas pèlerins et puis pour tout vous dire, je conserve cette chambre pour des gens qui seraient vraiment démunis, pour des vrais pauvres. Si je vous logeait et qu’un vrai pauvre surgissait ? Nous serions vous et moi dans le pétrin, pas vrai ?
Bref, les mauvaises excuses étaient nombreuses.
— Personne ne vous obligeait à venir à Bethléem.
— Vous collaborez à l’ordre romain en vous faisant recenser.
— Cachez-vous vite, fuyez, ne restez pas dans les parages ! (la porte dans ce cas-là claquait fort au nez de Joseph).
— Réfléchissez une seconde : si je vous héberge, je rends service à l’Empire, et pour moi mieux vaut ne rien faire qui arrange ses affaires.
— Il va y avoir du grabuge. Si quelqu'un vous trouve chez moi, ma retraite est fichue. Essayez de comprendre un peu.
— Ne faites pas de la provocation. A errer ainsi dans la rue, vous allez nous attirer des ennuis.
— Est-ce que vous avez l’air de dire que Rome n’a pas prévu de vous loger ? Impossible ! A moins que vous soyez des propagandistes ennemis de Rome.
Une jeune dame voulait absolument faire comprendre qu’elle était riche :
— Une chambre ? Vous plaisantez ! Je peux vous offrir un palais, seulement mon mari attend le droit de le construire, revenez l’année prochaine.
Il y avait les impies qui disaient non et ajoutaient, une fois la porte refermée :
« Si Dieu existait réellement, il ne les aurait pas envoyés sur la route dans cet état-là ! »
Il est vrai qu’enceinte et sur le point d’accoucher, Marie ne pouvait que supporter difficilement le voyage.
Une fois, ils tombèrent sur un homme très intelligent, un lettré, qui discourut d’un air très pénétré sur ce qu’il convenait de mettre en place en faveur des pèlerins et des voyageurs, sur la politique de la ville et sur le destin de l’homme confronté à la solitude et à l’égoïsme.
Mais il y avait d’autres réactions, moins courantes. Par exemple, cette maisonnée pleine de rires et d’humour, qui orienta le pauvre couple dans une mauvaise direction et les observa se perdre. C’était si drôle.
Tout en s’égarant, convaincus d’aller vers un lieu hospitalier, les trois saintes personnes (Joseph et Marie, et puis Jésus dans le ventre de Marie) passèrent devant une maison à laquelle Joseph n’osa pas frapper, et l’hôte de cette demeure prit très mal la chose :
— Ils ne viennent même pas frapper chez nous comme chez la voisine. Non, mais, pour qui se prennent-ils ? Ce n’est pas croyable !
Il y avait bien sûr ces gens qui les orientaient vers l’hospice public ou le temple, après tout il y a des services publics pour ça, à quoi servent les impôts et les offrandes ?
— Le temple et l’hospice sont pleins, malheureusement, nous y sommes allés.
— Il faut dire que vous vous y prenez un peu tard. Vous avez planifié votre déplacement ? Il fallait vous organiser. Vous n’avez pas entendu parler du recensement ?
Celui-ci ajouterait vers sa femme, une fois la porte tirée : « Il voyage avec une femme enceinte et il s’y prend au dernier moment. On se demande vraiment dans quel monde on est. »
Dans un autre registre, il y avait ceux qui se scandalisaient à mi-mots :
— Le problème, c’est que par ce temps-là, vous jouez avec la santé de l’enfant. La santé, c’est primordial.
Ou ceux qui ne s’inquiétaient pas, ils étaient nombreux, spécialement ceux qui étaient sur le point de passer à table :
— Ne vous en faites pas, ça va s’arranger. Soyez patients.
Ou même :
— Priez, priez, priez ! Le Ciel vous viendra en aide. Bonne route !
— Le Ciel entend toutes les prières et Dieu est bon. Gardez courage. J’ai bien connu votre situation. Il y a des tas de gens dans votre situation, il ont besoin de votre courage. Au revoir !
Pourtant, Marie et Joseph pensèrent à un moment donné toucher au but. Il y eut de très braves gens qui, pleins de bons sentiments, répondirent :
— Nous ne méritons pas votre présence chez nous.
— Mais au contraire, insistait Joseph qui reprit courage, vous nous feriez grand honneur, vraiment si vous aviez une petite place.
— Oh ! non, monsieur, madame, on voit bien que vous êtes des gens bien élevés, avec de la religion et tout et tout, non, nous ne sommes pas dignes. Si j’avais de quoi, une pièce propre... digne des gens de la "haute"... non, vraiment, nous n’oserons jamais. Passez votre chemin, nous sommes trop humbles.
Cette remarque laissa Marie et Joseph décontenancés car ils se pensaient eux-mêmes fort humbles, et ils étaient réellement fort modestes, à Nazareth, étant parmi les plus pauvres alors qu'il y avait au village de puissants personnages possédant des centaines de bêtes et de grandes maisons. Ce n'était pas leur cas, Joseph et Marie étaient simples; comme beaucoup de jeunes couples, il faut le dire. Assurément, jamais ils n'auraient pensé être regardés comme d'un haut rang social. Mais à la vérité, si cette personne leur avait dit ça, c'est parce qu'ils portaient non seulement sur leur visage la royauté sublime de leur deux belles âmes mais en plus, dans tout leur être irradiait la divinité rayonnante de l'enfant qu'ils attendaient. Si bien que, si une maman est bien contente de s'entendre dire qu'elle rayonne grâce à sa grossesse, imaginez ce que ce devait être chez Marie, combien elle pouvait être belle !
Oui, enfin, en attendant, il n’y avait rien à faire. Ils étaient toujours sur la route, le vent sifflait doucement en refroidissant de minute en minute. Sans doute qu'il neigerait, cette nuit.
Le meilleur, je vous le garde pour la fin. Un homme qui avait tout l’air d’un visionnaire leur dit :
— Pour l’amour du Ciel, mais je sais qui vous êtes !
— Vous savez qui nous sommes ?
— Par le Très-Haut, vous êtes Marie et Joseph, de Nazareth !
— C’est vrai. Nous serions-nous déjà rencontrés ?
Joseph eut un regard joyeux vers Marie qui sourit, dans la joie d’avoir rencontré quelqu’un qui les reconnaissait.
— Oui, je vous ai vus, à Nazareth. Je suis persuadé que c'est votre enfant qui sera le Sauveur. Je l'ai entendu en songe. Il est écrit qu’un sauveur va nous naître, les prophètes nous l’ont annoncé, et je sais au fond de moi qu’Il va venir par vous et je sens… Dieu me garde ! Je sais que c’est l’enfant qui est dans ce ventre ! N’est-ce pas ? J’en ai eu l’illumination dès que je vous ai revus à l'instant.
— Béni soit l’Esprit !
— Je vous en supplie, priez pour moi !
— Nous prierons pour vous.
— Je vais de ce pas prévenir les miens !
— Mais nous logeriez-vous ?
— Hosanna ! Je cours avertir mon père et ma mère, et ma famille tout entière, les voisins, les prêtres, mes amis. Béni soit le Ciel. Restez ici, je serai bientôt de retour. Dieu soit loué, j’ai vu les parents du Sauveur ! Priez pour moi, je vais annoncer cette bonne nouvelle.
Et le visionnaire disparut aussitôt, laissant Joseph et Marie à leur dénuement. Il n’avait pas compris qu’ils avaient besoin de lui.

Joseph emmena donc Marie à l’écart de la ville où personne n’avait su les recevoir.

La neige commença à tomber — beaucoup de gens sourient à cette idée, c’est qu’ils ne connaissent pas Bethléem, sur les montagnes de Judée, à 800 mètres d’altitude, où les neiges ne sont pas rares à ce moment de l’année. C’était un 25 décembre, les historiens sérieux le savent à cause du recensement de l’empereur Auguste, et puis les registres des heures sacerdotales trouvés à Qu’mran mentionnent celle de saint Zacharie, père de saint Jean-Baptiste, datant l’apparition de l’Archange saint Gabriel dans le temple, venu annoncé la conception de son fils le 25 septembre, 6 mois pile avant l’Annonciation à Marie ; et puis, c’était le jour de la Fête des lumières et du solstice d’hiver, quand le soleil recommence à s’élever sur l’horizon. Jésus Soleil de Justice, qui illumine les ténèbres de ce monde, a voulu apparaître sur Terre le jour de cette fête païenne. Enfin, la Sibille de Rome indiqua que Dieu naîtrait sur Terre un 25 décembre. D’autres prophéties avaient prédit qu’en cette nuit un immeuble connu de Rome se serait écroulé, ce qui se produisit, et que la fontaine de l’Hospice des vieux soldats donnerait de l’huile au lieu d’eau, ce qui eut lieu. Telle fut la nuit ou naquît l’Enfant Jésus, quoi qu’en disent les farfelus qui prétendent que Jésus ne naquit pas le jour de sa naissance… Et oui, mais ce n’est pas une surprise pour les gens qui ont du bon sens : Noël a lieu à Noël.

Donc, grelottant de froid, Joseph et Marie trouvèrent une étable abandonnée et s’y installèrent. Marie accoucha là et ne trouva, comme lit pour le bébé, qu’une mangeoire emplie de paille. Bientôt viendraient des gens simples, sans demeure, des bergers qui leur sacrifièrent leur temps et leurs présents ; il vint aussi des gens qui avaient de quoi leur offrir de l’or, de la myrrhe et de l’encens, des mages. Ceux-là, pauvres ou riches, étaient déjà sur la route.

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George Montgomery, alias Indiana

Reinhardt Tarkand, le Siècle des Hommes sans Dieux

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Extrait gratuit : Lire les 33 premières pages de Reinhardt Tarkand ici.

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Titre: Reinhard Tarkand-Talaas, Le Siècle des Hommes sans Dieux
Catégorie: Littérature et fictions
Description: Juin 1937, Reinhardt Tarkand, jeune capitaine de cavalerie déserte l’Armée Rouge et chevauche à travers la Mongolie, le Tibet, la Chine et de la Mandchourie, à la recherche de ceux qui doivent le faire khan. Ils seront les 9 de sa Suite, il les emmènera à travers la tourmente des guerres.
Punchline d'éditeur:

Reinhard Tarkand: capitaine de cavalerie en Union soviétique, déserteur en Mongolie, Protecteur du Tibet, conquérant en Chine.

Éditeur: Editions du Moine-guerrier
Année du Copyright: © 2014
Langue: Français
Pays: France

Recension décembre 2014 :

http://www.mauvaisenouvelle.fr/?article=livres-le-siecle-des-hommes-sans-dieux--487&msg=com_ok

Témoignage Friche

 

Télé Friche chef doeuvre

Ils ont dit:

Jean RASPAIL : « Performance peu courante de nos jours. Chapeau ! »
Marcel JULLIAN : « Il faut continuer, contre vents et marées ! »
François FONTAINE : « Cher Max, je retrouve chez vous tout le souffle essoufflant de nos romantiques, avec un mélange. Votre culture est flagrante et elle s’exprime dans un discours éloquent. Il y a une étrange musique dans votre expression et de la véhémence dans votre pensée. Des passages entiers mériteraient d’être lus, ou joués, devant des publics jeunes. »
Jean d’ORMESSON : « J’admire votre courage. C’est un tour de force. Bonne chance ! »
Michel TAURIAC : « Vous avez fait un travail important dont l’élévation de pensée vous honore […]. Vous vous en êtes tiré avec talent. »

 

J'achète

Témoignages

Quelle grandeur, quelle ampleur de pensée ! (Alex)

Ce livre est magnifiquement écrit, imaginé et fouillé (quel travail !) au niveau historique !!! Et quelle passion on devine derrière toutes ces lignes ! La description des paysages et des sentiments est de toute splendeur. (MT)

 Ayant terminé la lecture de ce roman, je tiens à vous féliciter pour la qualité du travail mené. (NG)

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire votre roman... (Flo)

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Témoignage Léo

Tout d’abord je viens de finir le roman de Reinhardt Tarkand......y a t_il le tome 2? JE SUIS TRÈS FRUSTRÉE de ne pas l'avoir.... cordialement, Franciane

L’histoire est passionnante avec beaucoup de références historiques et culturelles. Les valeurs véhiculées sont tout à fait d’actualité dans un monde en recherche de sens et de simplification. J’ai tout de suite pensé au livre de Frédéric Lenoir « L’âme du monde ». Je suis personnellement très attirée par tout ce qui est lié au taoïsme et à la sobriété heureuse (Pierre Rabhi) en général alors j’ai trouvé plein de choses intéressantes.

L'histoire de Reinhardt m'a tenue en haleine ! Vivement la suite. Cordialement. Nilou

Me voila piégée ..d'habitude quand je commence un livre je triche : je commence au milieu et je fais des allers retours je lis en diagonal et je cherche juste lessentiel ...mais avec vous cest impossible..trop bien ecris , trop riche et détaillé! (Claire P.)

Hi Max! je ne l'ai pas encore fini, mais oh que j'ai adoré ce que j'ai pu en lire!
Quelle plume vous avez là! C'est un vrai bonheur que de pouvoir se couper de tout et de se plonger dans votre roman. Mon moment rien qu'à moi.
Vous avez un sens du détail, de la précision, les notes de bas de pages qui étayent à merveille les éléments que bon nombre de personnes ne connaissent sans doute pas (Ahelya Bance)

Les pages se tournent toutes seules. J’ai adoré. Maria Watan.

Un monument ! Une épopée tellement moderne ! Toutes les couleurs des terres, toutes les flammes des regards sont accrochées aux pas et à l'âme de cette légende vivante comme autant de traces qui lient les parcours humains et historiques des hommes jusqu'aux confins de la mémoire des mondes. Vous allez découvrir en Indiana un écrivain, un historien, un peintre, un ethnologue, un philosophe, un humaniste, dans un style absolument unique. A lire sans réserve, immédiatement. Patrick Badin

Léger sans être superficiel, profond sans être hautain ! Je l’ai lu d’un trait. Sally Giovanni (Londres).

Max, you’ve done such a great job! Ami Sonberg (Dallas).

Ça déchire. Tres visuel. Un vrai… film ! Patrick Evrain (Paris).

J’ai été surpris. Vous commencez d’une manière classique, presque académique. Et puis peu à peu on est retournés. Matthieu Labegère

Je sentais que l’écriture revenait. Vous le confirmez. En repartant à la recherche d’une écriture, Umberto Ecco a eu la même idée que vous. Jean-F. Helaine

Une œuvre de très grande pointure, qui casse nos schémas actuels, proposant tour à tour l’éblouissement d’une gigantesque fresque historique, le réalisme cru d’un journal de guerre, un étonnant et authentique cheminement philosophique, une réflexion mystique non point de surface, mais coïncidant avec la recherche de sens qui fait la force de cette histoire… Abigail Thomson-Geniès

Votre regard sur l’humanité est sans concession, sans faux-semblant, et j’ai été saisie par cette recherche de vérité qui joue parfois comme un miroir. Surprises multiples car on ne peut parler du style, mais des styles qui composent ce récit (…). Vous m’avez eue et j’ai aimé ça. (Fabienne Cestoskowà)

L’ensemble du roman est traversé par cette recherche de sens, une réflexion qui à la fois braque les regards sur cette période de l’histoire, et veut dénouer les fils de ce qui se joue aujourd’hui pour l’avenir de notre monde. Rose-Marie Lamert

La lecture d’un tel roman marque pour longtemps, et je souhaite qu’un très large public puisse y avoir accès. En passant par le cinéma ? Jean-Claude Arvenne

…une connaissance très profonde de l’Asie Centrale et Orientale, non seulement de ses paysages et de son Histoire, mais aussi des cultures, des mentalités, des psychologies ; l’auteur les retrace avec une justesse et une émotion telles que le lecteur aura l’impression d’avoir « fait le voyage » au fil des dialogues qui semblent suspendre le temps, ou dans la lumière ardente des descriptions (…). Il y a une musique des mots, qui fait de ce récit un chef d’œuvre littéraire, une véritable et rare vigueur de la pensée, servie par un style souvent elliptique, qui en accentue encore la force. Claire L.

Roman avant tout mais aussi quête initiatique qui, au travers des personnage se révélant peu à peu, nous fait comprendre que l'Histoire est souvent faite par un petit nombre d'hommes qui modifient le destin de millions d'autres.
Avec un souffle épique où les valeurs essentielles de toute société sont sublimées, c’est un roman qui vous donne la force d'entreprendre et d'aller de l'avant par rapport à notre monde centrifuge qui nous fait nous éloigner de nous-mêmes.
Roman aux bases solides, qui s'appuient sur l'Histoire et ses arrières-plans secrets, sur les philosophies orientale et occidentale dont l'auteur nous offre une synthèse dynamique. Je crois que je ne l’oublierai jamais.
On est revitalisé pour avancer à nouveau.
On attend le film !!! Gilles MAY

GLOSSAIRE DES SUJETS (3 tomes)

Sacre des khans, lamas guerriers du Tibet et de la Mongolie, Sociétés secrètes, Triades, baron Roman Feodorovitch von Ungern-Sternberg, Sun Yat-sen, Chang Kai-shek, Mao Ze-dong, Hauts lamas de Lhassa, XIIIème dalaï-lama, Trains blindés, Seigneurs de la Guerre, Grande Muraille de Chine, lac Baïkal, Guépéou et services secrets russes, Route de la Soie, Vallée de la Mort,  Désert de Gobi, Lhassa sur les nuages, premiers kamikaze, charges de cavaleries, Mitsubishi Zéro, Guerre civile chinoise, invasion japonaise, islam chinois, Longue Marche, Offensive des Cent Régiments, Missions religieuses, guerres de l’Opium, mystification de Pearl Harbour, purges soviétiques, conflits frontaliers russo-japonais, putsch de 1936 à Tokyo, empereur Aisin Gioro Pu-Yi, contes et légendes d’Asie centrale, sables mouvants de l’Ordos, hauts plateaux tibétains, prairies et forêts mandchoues, grand Van le tigre, Shanghai et Canton des années 20, Concessions Etrangères.