Cadillac 1949 coupé de Ville

Cadillac 1949 coupé de Ville

De bonnes manières, façon 1950. Que la 49 Coupé de Ville ne rend pas désuètes.

Cadillac 1949 coupé de VilleLa Cadillac 1949 Coupé de Ville ronronnait le long de la corniche. Gary profitait des deux jours de congés que la Standard Oil lui offrait sur la Riviera en cet été 1950.
— Papa pourrait vous faire une situation.
— Mais, ma situation est des plus agréables, avec vous à mes côtés.
Lena sourit et parut gênée:
— Est-ce ainsi qu’on doit parler à une jeune fille, monsieur ?
Il rangea l’auto sur le bas-côté, une poussière légère glissa sous les roues jusqu’aux pieds des pins parasols.
Lena retira le foulard qu’elle avait autour de la tête, pour secouer les cheveux. Elle descendit de voiture. Gary se saisissait d’une couverture dans le coffre.
— Je vous ai ennuyé avec ma proposition ? Je suis désolée. Vous m’en voulez ?
Il étendit la couverture, qui affala l’herbe sous un genêt. Sans égard pour son pantalon de lin et sa chemise blanche, il s’allongea, musculeux, comme un lion magnifique.
— Que vous ai-je dit, lorsque je vous ai laissée à l’hôtel Waldorf, à Paris ?
— Vous êtes allé voir un ami ?
— Je vous ai menti.
— C’est grave ?
— Très.
— Ce n’est pas bien. Il ne faut pas mentir.
— Il le fallait.
Il lui tendit une petite boîte marquée Boucheron. Elle hésita, puis s’agenouilla avec grâce pour prendre la petite boîte. Elle en retira une bague.
— Oh ! Gary.
Il sourit :
— Je vous demande votre main, mademoiselle.
Il dit cela en passant les mains derrière la tête. La calandre de la 49 renvoyait une lueur sur son visage.
Elle appliqua le dos de sa main sur le front en le regardant fixement.

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7 réflexions au sujet de « Cadillac 1949 coupé de Ville »

  1. Ambiance très bien retranscrite. On s’y croirait. Personnages hitchcockiens sans le côté thriller bien sûr, tout en finesse dans les manières. Ah! que ne sommes-nous restés dans ces années… Nostalgie, nostalgie…

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  2. Oui, une très belle histoire d’amour qui commence sur les chapeaux de roues. Ensuite je vois bien ces deux tourtereaux prendre leur voiture et faire le tour du monde. Et puis à chaque escale écrire une nouvelle sur les merveilles et les misères de ce monde. Surtout les merveilles. Pour le pire et le meilleure. Surtout le meilleure.

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  3. J’aime bien le côté « mâle assumé » du personnage masculin, bien loin des hommes effeminés d’aujourd’hui. Ce caractère viril qui se conjugue à l’élégance, la courtoisie et la force de s’engager définitivement. Décidément trés loin des canons modernes.

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  4. « En effet,selon le point de vue qu’on adapte le prétendu totémisme offre ou exclut les caractères d’un système. »
    -Tu es fou Coco! Qu’est-ce que tu recopies sur le blog?
    -C’est du Levi-Strauss! J’ai besoin de l’ethnologie pour comprendre la dernière nouvelle de RDW.
    -Arrête! On va avoir des histoires! On va nous exclure!
    -Admettons! Et alors qu’est-ce que tu fais avec Léna qui regarde fixement Gary?
    -Je la transforme en hirondelle! Chsst! Elle s’envole.
    -Et voilà Paul! On va encore nous prendre pour des prétentieux!Nous aurions mieux fait de dire tout de suite à l’auteur combien ses textes sont incisifs, flamboyants, légers, comme ça nous serions tranquilles!
    -Pose ce livre! Sors de là!

    Cher auteur ce singe est vraiment infernal. Je vous prie de bien vouloir recevoir toutes nos excuses.

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  5. Un bel instant d’émotion partagé! Calme douceur et volupté… comme dirait Sempé.
    J’entends les cigales qui attendent mon retour au bercail ce soir… Si tu nourris notre esprit chaque jour de belles images comme celles-là, assurément tu vas améliorer la vibration du monde! Belle journée à toi.

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