Eau morte, eau vive

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Eau morte, eau vive

Pauvre homme, vase éphémère.
Salue quiconque verse en toi le don de servir, fais-toi plein de la grâce reçue.
eau morte, eau viveConserve l’eau limpide sans la laisser croupir.
Abreuve celui qui voudra recevoir, et mieux encore celui qui à tes bords portera ses lèvres.
De l’eau que tu donnes, tu ne te désempliras pas, car le don t’emplira toi-même.
Ne donne rien, ne donne jamais à qui ne veut rien, retiens pour le moment où, sollicité par une ferveur, dans un murmure soyeux tu déborderas.
Ce moment viendra, tu ne décideras pas quand.
Jusqu’à ce demi-jour, marais médiocre, tu as trop évaporé. Il faut retenir désormais, t’enceindre aux viles goulées, te faire grotte ombreuse, craie poreuse. Ne pas disperser l’eau vive pour des gorges mortes.
Vase ouvert, sois clos, scellé. Fais perler menue chaque goutte.
Ils ont trop reçu et n’apprécient plus le flot miraculeux, ils le délaissent pour des ivresses au goût trop fort et méprisent l’aqueux bienfait. Imbibés, ils n’ont plus soif. Aussi faut-il assoiffer maintenant. Ceux qui t’ont vénéré seront rassasiés, ceux qui t’ont dispersé seront asséchés.
Les eaux versent lorsque est donnée la vie, oui, mais elles noient aussi lorsqu’on les défie.
Eaux furieuses, eaux calmes. Grâce salvatrice, grâce immodérée, ou vague de boue vengeresse.
Le temps de ce qui est commun finit, reviennent les temps de la rareté.
O eaux ! Retrouvée, l’alliance à l’onde de la terre fera la boue, le feu à toi s’unira, et ce sera le déluge, l’air t’épousera, et ce sera l’ouragan.

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8comments
Oria de Timonier

Gravez le sur la pierre et envoyé le moi.

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Paul

On m’a donné un sucrier octogonal en verre. J’encastre son couvercle en un seul coup. Tac! Et je me félicite à chaque fois.
Mais quel rapport avec la nouvelle “Eau morte eau vive”? soif de quoi? de quoi?.
Je me gratte la tête! Il faut dire que ce sucrier est rempli de cacahuettes. Par ma barbichette! Serais-je un singe?
Je me gratte les côtes, je fronce les sourcils. Que dois-je faire?
Hop! je saute au cou de l’auteur, je me rétablis sur ses épaules hop! de là je passe sur cette étagère où je vois un sucrier! Chouet!
-arrête coco de faire ton intéressant! Salue et dans ta cage!

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    Oria de Timonier

    Il y a des commentaires qui valent leur pesant d’or. N’est-ce pas Paul ? Le poète moderne et moderne à la fois…

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RIMBAUD

Les mots s’articulent, se nouent, se frôlent, se magnifient. Superbe !

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Caroline

Joli texte. Mais … vous ne parlez pas d’eau vraiment d’eau n’est-ce pas?

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    Caroline

    Un brin embrouillée ma question… Mais vous l’avez comprise. Et y avez répondu, merci.

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rePaul

Je ne sais pas où est parti cet hurluberlu de coco ! Il ne pouvait plus supporter sa cage. J’espère qu’il a trouvé un bon chemin… Quatre ans déjà ! Comment a-t-il vieilli ?
Toute cette eau retenue d’eau ! Le barrage est-il assez solide ? La vague peut-elle inonder la plaine, emporter tous les nids d’oiseaux ? Le cœur me fend ! Les voyez-vous les oisillons effarés, entendez-vous leurs piaillements terrorisés ?
« Eperes pas la set per tirar l’aiga del potz »
Proverbe occitan.

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