Finally got Myself Together

10  commentaires

Le pari, écrire une nouvelle par jour en 1.500 caractères

Finally Got Myself Together
Comment passer directement du commissariat au paradis…

Finally got Myself Together

Le canon de l’arme de René était sur ma tempe, ça l’amusait et moi aussi. Un flic éméché, c’est comme un politique sobre, ça fait que des conneries. Le coup est parti, bêtement; la balle m’a traversé la tête, sous le cerveau, est ressortie, a franchi les quelques 120cm qui me séparaient de Patrick, est passée par son aorte et sa moelle épinière, et s’est logée dans son casier en ferraille où sa main enserrait un flacon de scotch. Je ne sais pas ce qu’il en a pensé, le Pat, mais vu la chute qu’il a faite et ses mouvements spasmodiques sur le carrelage brutalement écarlaté du vestiaire du commissariat, je suppose qu’il n’était pas à la fiesta.

Moi, j’étais en train de passer le calibre à gauche, comme le gouvernement. Mais ce qui me pousse à vous raconter mes salades, c’est ce qui m’est arrivé aussitôt: j’ai revu tout le putain de film de ma délicate existence. A commencer par la matinée. Et figurez-vous, mes salauds, que René avait une bonne raison de jouer au con avec son pétard : le matin même, il s’était envoyé ma femme, en guise de p’tit-déj il lui avait bouffé son ray-grass, son gazon quoi. Du coup, il avait mal pris la plaisanterie que je venais de lui débiter avec tact et finesse : “Mon pauvre René, quand on voit le tractopelle qui te sert de femme, on comprend pourquoi tu cours celles des autres.” ça l’avait fait rigoler jaune, le René, j’avais pas imaginé pourquoi.

J’étais content. Fini le commissariat, j’avais l’éternité devant moi: j’ai toujours cru au paradis.

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  1. Deux compères pitoyables, aux portes de la justice même, et deux femmes, l’une baisable, l’autre pas, un pistolet, et une tractopelle.
    Ecrire un texte avec ces personnages et ces deux objets.
    (10 minutes)

    Montgomery, vous m’épatez!

  2. surprise en effet, malgré votre avertissement, je dois bien vous l’avouer.

    Il fallait l’oser celle-ci. Un vocabulaire cru, pour une scène sans vertu. Tout concorde, c’est réussi.

        1. D’ailleurs, il n’est pas toujours “le petit papa bien gentil” autrement il ne serait pas un bon coach. Et n’a pas non plus la raie au milieu.

  3. Vous me donnez l’envie d’écrire…
    Ce type d’écriture, ces mots, l’histoire, (même les histoires, ref à Malouf..) reflètent tellement les maux de notre société.
    Merci pour ce moment, sans jeu de mots 🙂

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