La Tique Valet des Rats

Mon conte de Noël 2018, qui fait bien sûr beaucoup plus que 1500 caractères. Mais c’est Noël !
 
Le Macron des Rothschild ou

La Tique Valet des Rats

(fable en alexandrins)
 
En un royaume, antan prospère et riche à souhait,
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régnaient sans partage et guère plus de bonté
Des rats qui, en cent ans, eurent presque ruiné
Ce qui restait debout, et… du jour les cachait.
 
D’un pays de cocagne, d’un royaume envié
A belles dents ils firent un monceau désolé.
On finit par le voir mais c’était interdit.
Quiconque osait parler se retrouvait honni.
La Tique Valet des Rats
Car l’espèce des rats fut dit-on la victime
jadis d’un joueur de flûte, en poussant à l’abîme
Cent d’entre eux qu’il aurait tous noyés dans le fleuve.
La loi depuis prescrit que chacun s’en émeuve.
 
Vous savez ce que c’est, ce ne sont pas des zèbres.
J’ouïe fréquemment qu’ils disent en être descendants
Des zèbres, eux ? ils n’ont point du cheval la vertèbre.
Ça grignote, ça ronge, et leur os, c’est la dent.
 
Ils avaient dévoré tout le grain des campagnes,
Puis celui de la ville, et non contents du grain,
Ayant épuisé foins, fruits, légumes et pains,
Insatisfaits toujours, ils rongèrent en Marranes
Tout le bois des bâtis, du sous-sol aux faîtières,
Poitrails, tenons, jusqu’à la dernière mortaise
Si tant que tous logis sous leurs dents s’affaissèrent
Au milieu des débris qu’on sait les combler d’aise.
La Tique Valet des Rats
Les autres animaux n’avaient rien dit du tout
Et s’aperçurent enfin du chaos général.
On causa sans finir, on se dit en courroux,
On menaça du poing: rien que de très banal.
La faim seule eut raison de leur passivité.
On quitta ses pénates et se fit révolté.
 
Cependant, dans les rues s’étalait cette ruine
Et le rat n’aime point qu’il soit vu en plein jour.
La chouette et le hibou, le chat, le chien, la fouine,
L’hermine et la couleuvre, n’étant point de leur cour,
 
s’entendirent enfin contre le surmulot
pour le chasser au mieux, pour le déporter loin,
Le chasser de leur aire, éradiquer au moins
De ces lieux le rongeur, puant, nuisible et gros.
 
Le rat de son côté convoqua son concile.
Tous les rats convoqués, soit moitié moins que mille,
Affolés, mais jamais, ô jamais ! repentants,
– Cela, ils le laissent aux crédules, innocents -,
Furieux, outrés, selon leur esprit inverti,
Ils s’enquéraient, nerveux, de trouver un répit,
tout en contre-attaquant par des avis publics
Disant que l’on mentait. Le dire était pratique.
La Tique Valet des Rats
Ils savaient qu’en sortant le museau en plein air,
leur mine épouvantable et leur réputation
les désignerait tous au courroux populaire.
Que leur nuisible sape aurait rétribution
et pas de celle qu’on reçoit pour œuvre pie:
le rongeur n’est pas sot, quand en jeu est sa vie.
Ainsi cette assemblée de saboteurs crasseux
Prit la décision qui devait sauver ces gueux.
 
On décida enfin de mander alentour
Qu’on cherchait un héraut ayant un bon visage,
des manières amènes, et d’autres avantages.
Sans non plus espérer un grand élan d’amour,
les rats du moins voulaient affadir la querelle:
Il fallait en finir avant que trop s’en mêlent.
Mais voilà: entre un vœu et son heureuse issue
Il y a bien souvent comme entre cru et vu.
 
On chercha cet élu qui devait les sauver
On lui promit butin, richesses à satiété,
En un mot, on voulait l’émissaire mignon,
joli, charmant, roublard.
On tomba sur Macron.
 
Dire qu’on en fut charmé, c’est aller un peu loin.
On aurait préféré un lion, un aigle, un ours,
Un renard ou un singe qui eût été malin,
Ce n’était qu’une tique.
Et nulle autre ressource !
Quoi, cet à peine ciron, ce plus bas qu’un pied ?
Hors lui nul volontaire, on dut s’en contenter !
 
Le rat n’est pas sociable, il ne vit qu’entre soi,
A cette heure, il se vit dans un grand désarroi.
Une abeille eût suffi, un lézard, un frelon
Eussent encore mieux paru que l’insecte avorton.
 
“D’où viendront vos secours ? Où sont vos alliés ?”
Les rats le questionnaient, quelque peu paniqués.
“Croyez-vous que la foule à votre vue se pâme ?”
La tique a moins d’amis que le rongeur infâme,
Comment comptait-elle donc emporter le débat,
Refouler la vindicte qui annonçait leur glas ?
 
“Croyez-moi, mes seigneurs, je sais grossir à temps
Fit l’insecte anodin.
Il faut penser printemps.
C’est la saison où je sévis sans qu’on me voie.
Je suçote au jarret le sang de chaque proie.
Je grossis tout pendant qu’elle dépérit,
Par un mal invisible et comme anéantie,
Tandis que je grossis, autant que la grenouille
Qui du bœuf, dit la fable, voulut avoir la taille.”
 
“Admettons, mais enfin, ferez-vous ça tout seul ?
Aurez-vous pour la foule une assez grande gueule ?”
“Non point, mes chers seigneurs, qui pas fiers me mandez,
Là où seul j’échouerais, cent comme moi vaincraient.
Les parasites de mon genre sont légions,
On pompera chacun jusque dans sa maison.
S’ils sont puissants en groupe, isolons les frondeurs.
Le courage en troupeau chez un seul devient peur.
Il suffira que trois complices chez les chats
Trois rats-minagrobis, nous soient assez pro-rats,
Et que 3 fouines nous soient d’assez bons médias,
Mettons-y cinq chacals qu’on querra d’Arabie,
Et l’ordre reviendra sans jamais qu’on vous vît.
Dans le tumulte en plus, j’annexerai la ville
Et si vous me payez, je vous la remettrai.”
Les rats applaudirent à ces mots, satisfaits.
La Tique Valet des Rats
On fit de la police et de la bastonnade
Sur tous les badauds de toutes les promenades.
Vieux ou jeunes au fait, ou au courant de rien,
Ce fut un beau carnage, un injuste festin.
La fronde eut tôt contre elle, avant qu’elle ait bougé,
non seulement la meute aux rats toute vouée
Mais tous les autres aussi, ligués comme un seul homme:
La lâcheté des veules emplirait des albums.
 
Le chien bien entendu qui déteste le chat,
Le gorille et les singes amateurs de razzias,
Et encore certains qui sont sans orgueil.
Les révoltes aujourd’hui sombrent sur ces écueils.
 
Il y eût bien cent braves, mais trop peu audacieux,
On finit par les voir comme autant de factieux.
 
Ce concile inique eut raison des atavismes
Et l’affaire en entier fut enterrée sans schisme.
La foule dispersée, poursuivie, condamnée,
Dut en réparation débourser ses deniers.
Les rats cette fois-là en furent quittes encore
Pour une peur d’un jour, et pas un seul remord.
 
Or, Noël approchait, avec tous ses mystères,
Ô ! Période bénie et rarement austère.
La tique jubilait en son infime cour,
Plébiscitée par quoi ? trois pelés deux tondus,
Qui lui faisaient penser qu’on l’entourait d’amour.
En vainquant, elle croyait désormais tout vaincu.
 
Mais le froid de décembre amenait un tracas:
On n’avait plus un sou. D’où venait l’embarras ?
La tique avait gagé plus qu’elle n’avait prévu
En payant les chacals, les pillages à nu,
Dont la moitié du coût eût pu rassasier
Le peuple qu’on venait à peine d’écraser.
En commettant ainsi de funestes dépenses,
On avait épuisé les dernières finances.
Que voulez-vous que fît la tique ? Evidemment,
Elle alla retrouver ses amis tout en dents,
ses bienfaiteurs les rats, pour leur faire un emprunt.
Il s’apprêtait à leur promettre d’autres gains.
 
Le rat est trop prêteur, c’est son plus grand défaut.
Mais il ne prête en fait qu’à ceux qui portent beau
Et il ne prête au vrai que ce qu’on croit qu’il a.
Mais notre parasite imaginait les rats
En mécènes abondants, exigeants mais princiers.
Il en ignorait tout: ce sont des voleur-nés.
“Tu veux des sous, fort bien, où en est ton trésor ?”
“Il ne me reste rien”, fit la tique, “est-ce un tort ?”
“Un tort fatal ! Enfin, que pouvons-nous pour toi ?”
“Avancez-moi un peu, bientôt j’aurai de quoi.”
“Nous ne pouvons prêter que ce qu’on peut payer.
Un crédit, ça s’achète, c’est là notre métier.
Tu n’as rien à donner, où donc serait l’échange ?
Tu veux nous voir mourir ? Va, donc, tu nous déranges.”
“Tout de même, après tout ce que je fis pour vous…. !”
Essaya notre tique, à peine encore debout.
“Laissons-la le passé, restons à aujourd’hui.”
“Mais je n’ai plus d’argent, pas le plus petit Louis.”
“Et tes administrés, ne peux-tu les sucer ?”
“Ils sont exsangues, hélas ! Ces sans-dents sont rincés.”
“Si les vivants rechignent, fais donc payer les morts,
Les pas-nés, les vieillards, et prostitue les corps !”
“Mais d’ici là, mes pères… ?” ”Tu te débrouilleras.
Nous ne nous mêlons pas de ce qu’il adviendra.
Du reste, ta cité n’a pour nous plus d’attrait.
Nous partirons bientôt vers de plus riches crêts.”
 
Et de fait en un mois, leur départ avait lieu.
La colonie entière avait changé de cieux.
La tique, sans soutien, comprit qu’elle était cuite,
Ses heures étaient comptées, vous devinez la suite.
 
Moralité:
Il n’est point de tyran qui ne vive aux dépends
De gens qui le soutiennent autant qu’il est d’argent.
Pour toi, je t’en avise: abuse à bon escient
Et sache pressurer en toute discrétion.
Tu n’auras, c’est certain, aucune opposition.
Indolente ou cachée, et bien prompte à se rendre
La masse préfère au saint combat se faire pendre.
Plutôt que de se battre et défendre son dû,
Elle se soumet sans peine au hasard du vaincu.
Et toi, peuple, entends-moi: tu mérites ton sort
Heureux ou malheureux, et quel que soit ton bord,
Sois uni et bats-toi, mais pas pour quelques liards,
Pas pour des clopinettes, ni même des milliards.
En voulant la Justice, tu invoques un Destin
Qu’on ne négocie pas, et qu’on ne solde point.
Cette voie est sublime, elle exige une flamme
Qui engage tes fils, et ton sort et ton âme.
La Tique Valet des Rats

  • Une lectrice dit :

    Magnifique ! Lu avec le sourire sur les lèvres.
    Jean de La Fontaine n’a pas à rougir.

    • Une lectrice dit :

      “En voulant la Justice, tu invoques un Destin
      Qu’on ne négocie pas, et qu’on ne solde point.
      Cette voie est sublime, elle exige une flamme
      Qui engage tes fils, et ton sort et ton âme.”

      Amîn

      • Une lectrice dit :

        En relisant, je me suis aperçu que c’est plutôt à partir de ces vers que j’aurai dû prendre :
        “Sois uni et bats-toi, mais pas pour quelques liards,
        Pas pour des clopinettes, ni même des milliards…”

  • paul dit :

    Nous méritons notre sort évidemment!
    Qu’apprenons nous si difficilement? Le respect des autres, savoir les aimer, les aider?
    Ce jeune adulte diplômé, intrépide, sûr de lui, mais hélas inexpérimenté, à qui la France en détresse a confié les rênes de sa gouvernance, se retrouve dans la tourmente. Cette épreuve est sans doute nécessaire à tous. Qu’en sortira -t-il?
    J’ai pris grand plaisir à vous lire cher auteur!


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