Le tueur à la porte de mon bureau

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Le tueur à la porte de mon bureau

Quand le doux rêve ne peut pas être une réalité.

Le tueur frappe à la porte de mon bureau :
— Inspection du travail, bonjour monsieur.
— Vous êtes seul ou vous avez des complices ?
Il ne goûte pas :
— Guy Goz, Inspection de Rouen.
— Vous êtes bien sûr de vous.
— Je ne comprends pas.
— Vous me laissez votre blaze et l’adresse de votre cambuse. Descendez-moi, sinon c’est moi qui vais m’occuper de vous.
— Des menaces ?
— Non : une promesse.

Je ne le laisse pas tergiverser — les inspecteurs du travail, ça me passionne encore moins que les Mémoires de Jean-Pierre Fourcade — et je lui envoie un direct dans la mâchoire. Le voilà au tapis, à loucher sur les motifs persans, j’en profite pour lui faire passer l’envie de couler les entreprises, à coups de satons dans ses cotelettes.

Le tueur à la porte de mon bureau
Deux jours plus tard, bien sûr, les condés rappliquent. Ils franchissent la porte et hop, je sors un pétard et les désarme. Ils sont marrons, les condoms. Je leur colle deux baffes chacun et les renvoie au commissariat à coups de pieds au postérieur. Ils se laisseraient descendre plutôt que de risquer une bavure.

La gendarmerie mobile encercle ma maison. A cent mètres, dans un cordon de CRS, le préfet pérore. Et voilà le GIPN qui se pose en hélicoptère. Pendant que les ninjas se préparent, je vise le préfet avec mon fusil à lunettes et pan ! entre les deux yeux. Ça leur met un bordel façon Sud-rail. Les ninjas trouvent mon bureau vide, je me suis éclipsé par un tunnel.

Voilà tout ce que je rêve en 2/10ème de seconde, quand ce toquard d’inspecteur frappe à ma porte.

  • Paul dit :

    La vigilance nous emplit de terreur.Tout peut arriver.
    Une personne agressée physiquement fantasme par la suite à la moindre feuille qui tremble.
    Une personne morte peut commencer à pourrir tranquillement…
    Je vise! Compris?
    Comment mon cher auteur sortir intact de ce capharnaüm?

    • Oria de Timonier dit :

      Raffaele Garofalo fondateur, en autres, de la criminologie, magistrat de surcroît a écrit en 1890 un livre là-dessus qui semble très intéressant : “La criminologie”.

  • Imaginer un meutre ainsi, avec autant de précision, c’est profiter du plaisir que procure le fantasme, c’est meme mieux que de passer à l’acte car le reveur controlle tout…et fini par controller sa civilité apparente !

  • viviane arthur dit :

    Mon aventure passe en boucle sur toutes les chaînes, à la radio et sur internet. On ne parle que de ça…du terroriste qui a froidement descendu l’inspecteur du travail…
    Les services secrets sont accusés…quoi, ils n’avaient aucun renseignement ? Ils n’avaient pas fait leur travail ?!!!!!
    Je suis caché par un groupe d’anarchistes anti-croissance, anti- mondialisation, un groupe qui veut produire peu (pour ne pas détruire la planète) et en France (pour que les gens aient du travail et pour ne pas polluer en brûlant de l’essence).
    Porté par mon acte héroïque, le groupe décide de passer à l’action. Et nous planifions des interventions. Plasticages de sièges d’entreprises ayant délocalisée leur production, exécution d’hommes et de femmes politiques corrompus et opportunistes…
    De plus en plus de gens nous soutiennent. Des jeunes n’ayant jamais travaillé, des dirigeants de PME étranglées par les taxes servant à financer le gaspillage de nos administrations, des vieux de 50 ans que personne ne veut plus employer… obsolètes… des immigrés qui ne cherchent plus dans l’islam une consolation à leur exclusion , des retraités inquiets du monde ou vivent leurs petits enfants…
    La justice, c’est comme la liberté, ça se prend.

  • Caroline dit :

    Tout un chacun a déjà pensé, rêvé, imaginé ou virtuellement organiser un meurtre… Mais peu ont le talent de le mettre en mot sans devenir dans le regard des autres un monstre… C’est bien.

  • Pablo dit :

    “No importa la vida que ya está perdida” M. Machado
    Todo el mundo se había muerto. El fin total había venido con el fin de una cosa que era casi nada, un humo, un sueño.
    ¡Buena suerte! No mas era un SUEÑO…


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