Les cavaliers importuns du temple de Kamakura

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Cavaliers Kamakura 2 Les cavaliers importuns du temple de Kamakura

Le temple de Kamakura est envahi par les cavaliers et les moines risquent de passer un mauvais moment.

Shigeru court à travers le bois, redescend vers le vallat, passe par le petit pont arqué et remonte derrière la colline, en passant à travers la bambouseraie. Il ajuste chacun de ses pas. Le fourreau de son sabre est dans sa main gauche, le pouce appuyé sur la tsuba. C’est à jurer que ce sabre se déplace seul dans l’air, tant son déplacement horizontal est rectiligne. Shigeru court bien, son point de gravité est bas.

Les cavaliers sont là. Est-ce à cause de la présence de ces Portugais dans le port d’Edo ?

Shigeru stoppe son pas. Il n’a plus le choix. Il s’imprègne d’une image : l’emplacement de chaque cavalier. De là, il devine le déplacement que vont faire les chevaux, le côté duquel chaque cavalier peut brandir son sabre.

Et il se lance. Il a fait quinze pas et tranché la première jambe, celle du cavalier le plus proche. Quand celui-ci pousse son cri, Shigeru en est à son quatrième cavalier, il a paru en effleurer un dont la tête pend pourtant horriblement sur son épaule. Shigeru est parti vers la droite, sa lame brille d’un éclat fugace dans un nuage de poussière légère et brillante, il repasse vers la gauche, et le katana a fait un moulinet. Un bras armé tombe au sol. Un cheval se cabre. Un sabre s’abat dans l’axe du crâne de Shigeru. Celui-ci effleure à peine la lame de l’adversaire, qui glisse nulle part, pendant que celle de Shigeru plonge entre un cou et une épaule.

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6comments
Oria de Timonier

Un guerrier qui maîtrise son sabre comme un écrivain maîtrise son art. Une scène sanglante qui sans doute est un des points culminants d’une épopée. Je préfère que vous me transmettiez l’oeuvre plutôt que de me contenter d’un court extrait. Très belle littérature.

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Gilles

Un quart de sciècle déjà…belle photo…
Dans la tourmente du champs de bataille l’angélisme est comme un bambou qui nous reviens en pleine tête.
Très bon texte.

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Paul

Pep,le réputé faucheur n’avaitaucune pratique des arts martiaux et sans doute les ignorait-ils.Mais lorsqu’ilfit tournoyersa faux au-dessus de leurs têtes en envoyant gicler quelques unes d’elles contre le rocher des hurlements d’épouvante réveillèrent les échos.Ce fait passé,resté dans l’oubli est arrivéjusqu’à moi par hasard.Nous avons chacunde nous nos propres guerriers.
Fonce épouvantable et véloce Shigeru au redoutable sabre!
Auteur pare-toi à gauche!
pare-toi à droite!
soigne ta gothique (ou ta bâtarde!)
Ne nous raconte pas ou alors avec tous les ménagements,le moment où Shigeru a été vaincu, totalement englué dans une masse informe,molle et puante!

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Delphine Paganotto

On s’y croirait, la force et l’abileté des guerriers, un extrait hautement précis qui donne envie de connaitre la suite.

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ceciledaillet

Très cinématographique, je revois Toshiro Mifune jeune…

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Caroline

Toujours remarquablement rédigé, ce récit me laisse sur ma faim… J’espère la suite et l’issu de ce combat prochainement.

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