Provence, ma Provence

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Provence, ma Provence

Telle que je l’ai connue. C’était avant le temps de banquiers et des assureurs qui ont tout gâché ; et celui des collectivités locales qui ont fait pis encore.

J’ai connu Vaison, cette antiquité cultivée m’a bâti. J’ai aimé ma Provence pour le chant des cigales et celui des grillons,

Fontaine1 Provence, ma Provence

pour mes fontaines qui berçaient nos nuits et rafraîchissaient nos jours, pour les murs ocres sous les triples génoises,

Belle vue extérieure ma Provence

l’aristocrate pauvreté de ma chère et vaste maison où il y avait toujours un mystère à découvrir, pour les tuiles romaines parcourues de guêpes sous le cagnard.

Bassin au lion ma Provence

Je l’ai aimée pour l’eau si fraîche qui coulait aux bassins, mes chers bassins où nous plongions les jambes, lasses après la vigne.

Chapelle cyprès ma Provence

Pour la noblesse de la lumière qui a sculpté nos ruines et nos églises romanes. Je la dévisageais, cette lumière habitée, durant les siestes obligatoires de l’enfance, à l’heure où les mouches faisaient des vols en lignes brisées autour des lustres. La fée lumineuse pénétrait au travers des persiennes et se troublait en passant les vitres irrégulières, pour projeter des halos flous sur les murs.

Les miroirs dorés, piqués de tâches anciennes, l’attendaient. Elle faisait des lueurs dorées qui les caressaient et, avant que naisse le soir, se plongeaient en eux pour se refléter de l’autre côté de la pièce, sur des tomettes rougissantes, scintillements remués par le mistral.

Suite bleue ma provence

Les rideaux emprisonnaient les guêpes chaudes et bougeaient au vent. Les coussins buvaient l’odeur de la cire du canapé provençal, où ils s’oubliaient.

 Venait le soir. Promenades solitaires dans la vieille ville, parmi les ruines antiques, à tourner autour des cyprès nocturnes.

(photos de la maison de l’auteur)

  • Oria de Timonier dit :

    Une belle rythmique très douce. Un voyage fait de poésie et d’amour.

  • RIMBAUD dit :

    J’adOOOORRRE !

  • Emma dit :

    Cette Provence vous l’avez dans la peau pour en écrire comme cela …

  • Pablo dit :

    Siento abrigo y paz….
    ¿Ahora que está esperando usted?


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